Photo T. Desnoues

Carthage

Les Thermes d'Antonin
© Alif, Tunis, 1986
Design (pop-up et illustration) de José Pons
Imprimé par IAT à Ben Arous en Tunisie.
Nos remerciements à José Pons.

 
     
     
  mosqueeKairouan  
 

Photo © Alif

La grande Mosquée de Kairouan

© Alif, Tunis, 1989
Pop-up et illustration de José Pons

 
     
     
     
ulysse  
  Photo T. Desnoues

Ulysse héros de l’Odyssée

Illustrations et animations papier de Isabelle Courmont
Texte de Jean-Paul Capdevielle
© Alif, Tunis, 1995
Paru en novembre 1995
ISBN : 9973-22-032-3
 
     
     
     
carthage  
  Photo T. Desnoues

Carthage, la cité d’Hannibal

Texte de M’Hamed Hassine Fantar
Illustrations de Bruno Fourure
Giboulées / Gallimard Jeunesse
Collection Saga Cités
© Gallimard Jeunesse 2006
Paru en septembre 2007
ISBN 978-2-0705-7362-2
 
     
     
     
medinadetunis  
  Photo T. Desnoues

La médina de Tunis

Texte de Viviane Bettaïeb
Illustrations de Bruno Fourure
Giboulées / Gallimard Jeunesse
Collection Saga Cités
© Gallimard Jeunesse 2006
Paru en septembre 2007
ISBN 978-2-0705-7364-6
 
     
     
     
oasis  
  Photo T. Desnoues

L’Oasis, un jardin dans le désert

Texte de Viviane Bettaïeb
Illustrations de Bruno Fourure
Giboulées / Gallimard Jeunesse
Collection Saga Cités
© Gallimard Jeunesse 2006
Paru en septembre 2007
ISBN 978-2-0705-7363-9
 
     
     
     
     
     

INTERVIEW
Réalisée en octobre 2007 avec Viviane Bettaïeb, auteur, responsable de projets aux éditions Alif (Tunis) et directrice de la collection Saga Cités, chez Giboulées/Gallimard Jeunesse.

 

Viviane Bettaïeb, pouvez-vous nous présenter les éditions Alif ?Mohamed-Salah Bettaïeb a fondé la maison d’édition à Tunis en 1978 sous le nom d’Alpha, première lettre de l’alphabet grec. Le nom étant déjà déposé, il a été contraint de le changer et a choisi le nom Alif, première lettre de l’alphabet arabe, en y ajoutant « les Éditions de la Méditerranée ». Il souhaitait affirmer, dès cette date, la vocation éditoriale de sa maison. Reconnaître l’existence d’une identité méditerranéenne – aujourd’hui très à la mode – relevait à cette époque du domaine du militantisme. Alif se spécialisera donc dans le patrimoine méditerranéen : passé, présent et futur avec la volonté de le faire découvrir au grand public avec des ouvrages de qualité.

Dès cette époque, vous avez intégré les éditions Alif ?
Presque. Ma première motivation a été le profil d’éditeur de Mohamed-Salah Bettaïeb. Il accordait une place essentielle à la création. En ce qui concerne l’édition pour enfants, il voulait éditer des livres sur le patrimoine méditerranéen alors négligé dans la production jeunesse. Enfin un éditeur du sud qui prenait en charge son patrimoine ! Il s’exposait à de grands risques financiers en poussant toujours son équipe dans la voie de la création. Il nous incitait à nous ouvrir à d’autres supports que le livre, si ces supports étaient complémentaires ou mieux appropriés pour valoriser le patrimoine méditerranéen (jeux de cartes, loto, jeux de société…). On peut citer La course des chars au grand cirque de Carthage ou la série de dessins animés Princesse Sheherazade (co-produit par le Groupe Expand et France 2).

Quel a été votre parcours en tant qu’éditrice ?
Au sein d’Alif, j’ai été, dès 1979, responsable des éditions pour enfants, puis j’ai aussi été responsable de l’espace culturel Alif qui a organisé, sur fonds propres, des expositions, des rencontres et des colloques de qualité. Je citerais deux expositions cultes Écritures en Méditerranée (1988) et La cartographie de la Méditerranée à travers les siècles (1989).
En 1994, la démarche des éditions Alif en direction du jeune public a été remarquée par une grande dame de la télévision française Marie-France Brière. Sur la base de mon travail d’éditrice, elle m’a confié la formation d’une équipe (scénaristes et illustrateurs) pour la réalisation de deux grandes séries de dessins animés pour la télévision : Les Mille et une Nuits et Princesse Sheherazade. J’ai assuré pendant sept ans la coordination de cette équipe au sein de laquelle j’étais également coscénariste et coresponsable du suivi artistique.
Aujourd’hui, je m’occupe au sein des éditions Alif de différents projets, notamment de beaux-livres et de petits livres sur le patrimoine. Je suis aussi auteur dans cette maison d’édition.
Enfin, depuis 2005, je dirige la collection Saga Cités avec l’éditrice Colline Faure-Poirée chez Giboulées/Gallimard, où je suis aussi auteur.

Comment en êtes-vous venue à éditer des livres animés ?
L’idée de faire des livres animés sur le patrimoine méditerranéen revient à Mohamed-Salah Bettaïeb. Il croyait au pouvoir de séduction du livre animé pour faire passer un message et inciter à la lecture.
Les premiers titres édités ont été :
- Les Thermes d’Antonin de Carthage (en 1986) pour le XXVIIIe centenaire de Carthage
- et La Grande Mosquée de Kairouan (en 1989)
aujourd’hui introuvables mais que je ne désespère pas de voir réédités.
Puis a germé l’idée de collection (uniformisation du format, élaboration d’une maquette de base, choix d’une typographie de référence, etc.) que réclamaient nos commerciaux. Six titres sont parus.
Je souris car "l’effet collection" a bien du mal à être respecté au sein des éditions Alif. Apparemment, on n’aime pas les contraintes. Les deux prochains titres à paraître (Jérusalem et L’histoire de la Tunisie) seront à nouveau hors collection !
Dans mon parcours d’éditrice de livres animés, il y a eu des rencontres fondamentales. Celle avec Colline Faure-Poirée en 1991 (à l’époque chez Hatier) et Santé Bagnoli (responsable des éditions Jaca Book à Milan) qui ont apprécié la qualité documentaire de ces livres animés. Colline Faure-Poirée a cru immédiatement en ces pop-ups culturels.
La collection des livres animés Alif a été le fruit du travail d’une équipe de passionnés : Bruno Fourure, un illustrateur de talent qui aimait le découpage, puis l’illustratrice Isabelle Courmont et l’éditeur Mohamed-Salah Bettaïeb qui expérimentait toutes les possibilités techniques pour obtenir les meilleures animations. Notre investissement était très important dans la recherche de la documentation, avec parfois même des voyages sur le terrain comme pour L’oasis.

Quel a été l’accueil du public ?
La qualité de ces livres a été reconnue et saluée à la Foire internationale du livre pour enfants de Bologne dès 1991 par l’attribution de prix et la concrétisation de plusieurs coéditions sur les marchés français, italiens, allemands, et, pour Ulysse, en grec et en roumain. Le succès s’est vérifié auprès des enfants petits et grands.
Le marché tunisien est un tout petit marché, aussi les coéditions réalisées ont permis à la collection de continuer et de s’ouvrir à des thèmes comme 1492 en Méditerranée (1992), Mille et un Nil (1993) ou encore Ulysse héros de l’Odyssée (1995).

Quelles difficultés avez-vous rencontrées pour publier des livres animés en Tunisie ?
La principale difficulté tenait aux coûts élevés de fabrication, difficilement amortis par les tirages à cause des interventions manuelles importantes et de notre obstination à vouloir les produire à l’époque en Tunisie.
Le coût élevé des livres était aussi lié à notre ambition éditoriale : douze doubles pages pour parler de la médina de Tunis alors que nos confrères proposaient, au même moment, de zapper en cinq doubles sur les grandes civilisations du monde. Enfin, l’investissement financier était accru par le choix d’une grande qualité d’illustration et de formes de découpe audacieuses.
Au fil des années, la coédition est devenue plus frileuse. Dans les foires, nous n’avions plus de contacts avec les éditeurs mais avec des commerciaux des maisons d’édition qui se préoccupaient immédiatement de rentabilité et non de contenu. L’espace accordé à la création et à la qualité s’amenuisait.

Selon vous, quelle est la spécificité des livres animés et à qui sont-ils destinés ?
Les livres animés ont leur propre langage. L’animation est un outil à part entière pour communiquer. C’est un mode d’expression fascinant qui a déjà des acquis référencés mais qui est en perpétuel enrichissement grâce aux créateurs qui l’utilisent. Les livres animés sont de véritables livres-objets. Ils sont malheureusement souvent pénalisés en librairie en étant relégués au rayon livre pour petits enfants, en vertu de l’idée toute faite et surfaite qu’au dessus d’une tranche d’âge, le livre animé n’a plus sa place... Vouloir tout classer par tranches d’âge n’est pas la meilleure chose pour l’épanouissement de l’édition ! Cette collection sur les villes a des fans même parmi les adultes. Chez un libraire avisé, je les ai découverts au rayon enfants mais aussi au rayon architecture où ils étaient tout à fait à leur place et trouvaient beaucoup d’amateurs.
Ce que j’aime dans le concept de cette collection, c’est le travail d’équipe qu’il nécessite, le côté très documenté des livres, leurs animations qui souvent soutiennent le propos.

Comment est née la collection Saga Cités ?
La collection Saga Cités est une idée de Colline Faure-Poirée de Giboulées/Gallimard, une éditrice qui ose encore investir dans la qualité des ouvrages.
Elle a décidé de créer une collection de livres animés consacrés aux villes, très documentée, avec des textes, des illustrations et des animations de qualité, complétée d’un carnet de voyages plus ouvert aux indiscrétions.
À côté de nouveaux titres parus (Venise, la cité des doges) et à paraître (Versailles), Colline Faure-Poirée a inclus dans la collection l’édition revisitée de trois titres épuisés d’Alif : Carthage, la cité d’Hannibal (Carthage, cité phénicienne), La Médina de Tunis (Une ville arabe, la médina de Tunis) et L’Oasis, un jardin dans le désert (L’oasis, une halte dans le désert).

Quels sont vos objectifs ?
Donner un maximum d’énergie pour que cette collection continue à séduire par ses qualités documentaires, d’animation et de dessin.
Travailler pour que le livre ne soit pas un produit banalisé et purement commercial car sa survie dépendra toujours de son originalité. Un bon livre se donne toutes les chances pour ne pas être concurrencé par la télé et les autres loisirs.

Quels livres animés vous ont le plus marqués ?
Je souhaite avoir toujours le plaisir de découvrir des livres animés aux animations intelligentes, pleines de séduction. J’ai particulièrement apprécié certaines animations dans Alice au pays des merveilles de Sabuda (Le Seuil) et Merveilles de l’architecture en relief de Radevski (Flammarion).
Texte D.R. Livresanimes.com et Viviane Bettaeïeb.

Livresanimes.com remercie chaleureusement Viviane Bettaïeb pour sa participation.